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Musashi Miyamoto
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47 Ronin Zen meditation

Gorin-No-Sho

Le fameux «livre des cinq anneaux» de Musashi.

Vivant en ermite dans sa grotte durant les dernières années de sa vie, Miyamoto Musashi écrivit le Gorin-No-Sho, un texte sur le kenjutsu, la stratégie militaire et la philosophie.

Les diverses traductions françaises le nomment indifféremment le “Livre des cinq anneaux” ou le “Traité des cinq roues”.

Depuis sa création et jusqu’à nos jours, le Gorin-No-Sho attire un public beaucoup plus large que celui des amateurs d’arts martiaux. Certains dirigeants d'entreprise utilisent ces enseignements pour des les aider dans la gestion de leur entreprise ou encore pour la résolution de conflits.

Le Gorin-No-Sho offre à son lecteur de nombreux principes, tant martiaux que philosophiques, principes à méditer mais surtout à pratiquer, car l'esprit de l'art du sabre et de la stratégie militaire peut s'appliquer à tous les gestes de la vie quotidienne.

Le « Livre des cinq anneaux » est constitué de cinq volumes ou chapitres ; chacun d’eux porte le nom d’un des cinq éléments naturels selon la tradition japonaise: terre, eau, feu, vent et vide.

Le livre de la terre sert d’introduction et traite des grandes lignes de la stratégie et des arts martiaux.

Le livre de l’eau pour sa part décrit le style des deux sabres de Musashi, le Niten-Ichi-Ryu et traite de ses principes fondamentaux ; il expose aussi les techniques de base du style.

Le livre du feu quant à lui, traite des tactiques à employer au cours d'un duel et sur le champ de bataille.

Dans le livre du vent, Musashi se penche sur ce qu’il considère comme étant les failles des autres styles de sabre.

Enfin, le livre du vide ou de la vacuité est un énoncé philosophique qui décrit l'idéal du samouraï, le Bushido, d’après la conception de Musashi.

Le livre de la terre.

Le livre de la terre est consacré à la Voie de la stratégie qui est au cœur de l'école Niten-Ichi-Ryu. Musashi y explique la Voie qu’il compare à celle du charpentier. Ce chapitre, principalement axé sur la pratique, traite des différentes techniques et applications du combat : combat en intérieur, en extérieur, à dos de cheval, etc.

Musashi y précise qu’il faut s'exercer à la Voie de la stratégie à tout moment, à chaque instant, car celle-ci est applicable à tous les domaines de la vie quotidienne. «Si on se limitait à étudier uniquement I'art du sabre, on ne peut atteindre la vraie Voie ; c’est pourquoi il est primordial de connaître ce qui est grand tout autant que ce qui est petit, ce qui est superficiel comme ce qui est profond. D’une chose, il faut en apprendre dix mille autres. Lorsque vous aurez compris la voie de la tactique, il n’est pas la moindre chose que vous ne puissiez voir».

Dans ce chapitre, Musashi parle également du rythme ou timing, que l’on retrouve partout, en toute chose, tant en combat que dans la vie quotidienne : «Celui qui a maîtrisé la voie de la tactique et qui comprend le rythme ou le tempo ne perdra même pas contre dix ou vingt adversaires».

Miyamoto Musashi parle également du Bushido et de l’importance de se familiariser avec la mort. «Lorsque je réfléchis à ce que doit être un samouraï, je suis convaincu qu'il doit être intime avec l'idée de la mort, mais la Voie de la mort n'est pas le seul fait des samouraïs. Les bonzes eux-mêmes, les femmes, les paysans, même les gens appartenant aux plus basses classes sociales doivent savoir décider de leur mort face à leur devoir ou à la honte.»

Musashi parle également de son école des deux sabres et explique: «J'ai appelé mon école "école des deux sabres" justement dans le but de faire connaître l'avantage que présente le port de ces deux sabres. (...) Il est contraire à notre principe de mourir avec une arme encore dans son fourreau.»

"Celui qui a maîtrisé la voie de la tactique et qui comprend le rythme ou le tempo ne perdra même pas contre dix ou vingt adversaires"

En expliquant les avantages de manier le sabre avec une seule main, Musashi dit: «Il est difficile de manier un sabre à deux mains lorsque l'on se trouve à cheval. Cela est aussi difficile lorsque l'on est en train de courir. Cela est encore difficile dans les marécages, rizières pleines de boue et sur un chemin caillouteux, sur un terrain en forte pente ou au milieu d'une mêlée.» Concernant la difficulté à utiliser un sabre avec une seule main: «Toute chose abordée pour la première fois est difficile, par exemple tendre un arc, manier une hallebarde. Au fur et à mesure que l'on se familiarise avec une arme on la manie plus facilement».

En résumé, Musashi s’exprime «Dans notre école il faut vaincre, que l'on ait une arme longue ou bien une arme courte. La longueur d'un sabre ne nous importe donc pas. La Volonté de vaincre avec n'importe quelle arme, c'est la Voie de notre école. Nous préférons utiliser deux sabres plutôt qu'un seul lorsqu'un homme seul se trouve face à plusieurs adversaires ou bien lorsque nous désirons capturer vivant un adversaire».

Musashi relate qu’il est important de connaître l'avantage de la tactique. Ainsi, il dit : «Si l'on atteint la vertu du sabre on peut, seul, vaincre dix personnes. Si l'on vainc, seul, dix personnes alors cent personnes vaincront mille personnes, mille personnes dix milles personnes. C'est pourquoi dans la tactique de notre école une personne ou dix milles personnes sont considérées comme une seule et même chose et nous appelons l'ensemble des règles des samouraïs : tactique».

Selon le Niten-Ichi-Ryu, il est également primordial de connaître les qualités et l'efficacité de chaque arme. Grâce à la nature de leur travail, les samourais peuvent et doivent se servir de différentes armes selon les circonstances: «Le petit sabre est adapté aux endroits étroits ou bien lorsque le corps de l'adversaire est proche. Le sabre convient en toute circonstance. La hallebarde est moins adaptée que la lance aux champs de bataille. La lance peut y prendre l'initiative mais la hallebarde y est souvent dominée. Ainsi dans le cas de deux adversaires de même force le lancier dominera légèrement le hallebardier. Mais le lancier et le hallebardier sont peu efficaces dans les endroits étroits. Ils ne sont pas non plus d’une grande efficacité dans les batailles au corps à corps. Lances et hallebardes ne peuvent servir que sur les champs de bataille : c’est là où elles font preuve de leur efficacité et de leur importance».

Le livre de l’eau.

L'esprit de la tactique de l’école Niten-Ichi-Ryu se base sur la philosophie de l'eau, philosophie dont s’est inspiré Musashi. Dans la Voie de la stratégie, il explique que l'esprit doit être le même dans la vie quotidienne ainsi qu’en duel : cette stratégie ne doit pas changer. «Conservez un esprit vaste, droit, sans trop de tension ni aucun relâchement, évitez qu'il soit unilatéral, maintenez-le au juste milieu, faites-le agir tranquillement de façon que cette agitation ne s'arrête même pas un seul instant» dit Musahi.

En plus de traiter de la stratégie, le chapitre de l’eau traite de divers éléments qu'un guerrier devrait prendre en considération, tels la spiritualité et le développement de soi ; il incite aussi les samouraïs à se forger eux-mêmes tant sur le plan physique que sur le plan mental. «Il faut maintenir un esprit large et sans tache, en même temps que maintenir vaste notre sagesse. Il est essentiel de polir assidûment la sagesse et l'esprit. Pourvu que l'on polisse la sagesse, que l'on sache discerner les avantages et inconvénients du monde, que l'on connaisse le bon et le mauvais côté des choses».

Plus loin, dans ce chapitre, Musashi y évoque la position de combat : il fait observer que la posture est une part importante de la stratégie et de la bataille. Il recommande donc: «La tête ne doit être ni inclinée en avant ni rejetée en arrière ni penchée sur le côté. Les yeux ne doivent pas errer ci et là ; ne pas plisser le front mais froncer les sourcils. La nuque doit être droite et il fait y concentrer sa force qui doit également être répartie dans les épaules et sur l’ensemble du corps. Épaules dégagées, maintenir la colonne vertébrale toujours droite. Le bas des reins ne doit pas être proéminent ; mettre de la force dans les genoux et à la pointe des orteils, et tendre enfin le ventre afin de ne pas avoir les reins courbés».

Musashi insiste également sur la façon correcte de tenir un sabre selon le Niten-Ichi-Ryu : il est primordial, dit-il, que le pouce et l’index soient souples, le majeur ne doit être ni crispé ni relâché, l'annulaire et l'auriculaire doivent être consciemment serrés. Musashi s’exprime également sur l’état d’esprit qui prime, lors d’une frappe: «Tenez votre sabre en pensant toujours qu'il doit couper votre adversaire, ne manipulez le sabre qu'avec la ferme intention de pourfendre votre opposant».

"Il faut maintenir un esprit large et sans tache, en même temps que maintenir vaste notre sagesse."

Le Niten-iChi-Ryu de Musashi pose la priorité sur l’usage de mouvements simples et naturels: «La position des pieds: les pointes doivent être légèrement libres alors que les talons sont fortement appuyés au sol. Le mouvement des pieds : qu'il y ait de grands pas ou de petits pas, des pas lents ou rapides, il faut toujours se positionner comme en situation de marche normale».

Musashi traite ensuite de ce qu'il appelle les cinq attitudes ou les cinq gardes: haute, médiane, basse, droite et gauche, l’objectif étant de pouvoir trancher l'adversaire. Il s'agit de cinq zones d'attaque que Musashi favorise. Il démontre y surtout la nécessité d’être toujours en capacité de pourfendre son adversaire au travers de ces 5 différentes formes de "garde". Il explique également : «C'est en voulant couper rapidement que l'on modifie sa trajectoire et que naissent les difficultés de maniement. Il est de loin préférable de couper avec calme, afin que ce maniement soit plus aisé. C'est en voulant manier rapidement le sabre comme s'il était un éventail ou un couteau que l'on contrarie sa trajectoire et que son maniement devient difficile».

Livre du feu.

Le Livre du feu traite du combat lui-même, de tout ce qui concerne la victoire ou la défaite. Musashi y parle du choix de l’armure, de la préparation avant un duel ou une bataille.

Selon Musashi, un homme éveillé à la Voie du combat (stratégie) peut vaincre dix hommes “normaux”: «De même qu'un homme peut en vaincre dix, mille hommes peuvent en vaincre dix mille. Cependant, on peut devenir un maître stratège en s’entraînant tout seul avec son épée, de manière à apprendre les stratagèmes de l'ennemi, sa force et ses ressources, et arriver à comprendre la stratégie pour battre dix mille ennemis».

Miyamoto Musashi s’exprime aussi sur l’importance de l’entrainement rigoureux et régulier «Forgez-vous bien du matin au soir, polissez-vous bien! Ainsi vous obtiendrez l'aisance, parviendrez sans effort au prodige, à l'extraordinaire».

Une grande partie de la stratégie de Musashi se base la topographie des lieux de combat et l’usage de l’environnement. «Le choix de la configuration des lieux de combat est important. Par exemple, il faut choisir un emplacement où on aura le soleil dans le dos, c'est-à-dire que nous procéderons à notre mise en garde en ayant le soleil dans le dos. Si, selon les circonstances vous ne pouvez avoir le soleil dans le dos, tâchez de l'avoir sur votre droite».

La stratégie de combat de Miyamoto Musashi s’applique également au combat à l’intérieur (maison, château, salle de spectacle, salon de thé, …) : «Ayez la lumière dans le dos ou sur votre droite. Évitez d'avoir une impasse derrière vous ; il est préférable de vous mettre en garde en ayant un espace plus vaste sur le côté gauche et un espace plus étroit sur le côté droit. Même dans l'obscurité, si votre adversaire est visible, il faut vous mettre en garde en ayant la clarté dans le dos ou sur le côté droit».

Pour Musashi, l’élévation du terrain revêt une importance primordiale lors d’un combat: «On dit qu'il faut regarder de haut ses adversaires. Prenez soin de vous mettre en garde dans un endroit élevé, si peu soit-il. Dans une pièce, prenez la place d'honneur pour l'endroit le plus haut».

Lorsque le combat débute Musashi s’exprime: «Une fois que le combat a débuté, pourchassez vos adversaires sur votre gauche. Efforcez-vous de les faire reculer vers l'endroit le plus difficile. Aussi, il faut empêcher l'adversaire de regarder et de voir les caractéristiques d'un endroit difficile. Il faut donc éviter que les regards de l'adversaire puissent se promener alentour: assaillez-le sans cesse. Dans une pièce, poursuivez votre adversaire vers un seuil, sous des linteaux de portes, portes, portes coulissantes, galeries ou piliers. Dans ces cas-là aussi, il faut éviter que les regards de l'adversaire puissent se promener alentour. Dans tous les cas, il faut pourchasser vos adversaires vers les endroits où leurs pieds ne trouveront pas un bon appui, ou bien dans les endroits où ils seront gênés sur le côté. En toutes occasions, utilisez le terrain le plus avantageux pour vous, et dès le début, ayez la supériorité sur votre adversaire sur le plan de la topographie des lieux

Musashi explique qu’il y a trois façons de prendre l'initiative dans le Niten-Ichi-Ryu: «Dans tout combat, au début, il n'y a que ces trois façons de prendre l'initiative et d’avoir le dessus. Selon la façon de prendre l'initiative on peut déjà parvenir à la victoire. Donc, prendre l'initiative est la première chose à faire dans la tactique. Plusieurs détails apparaissent dans la manière de prendre l'initiative».

Il y a trois façons de prendre l'initiative:

1) prendre l'initiative d'attaquer le premier l'adversaire :c'est l'initiative de provocation.
2) prendre l’initiative lorsque l'adversaire attaque :c'est l'initiative d'attente.
3 prendre l’initiative lorsque l'adversaire attaque en même temps qu'il est attaqué : c'est l'initiative mutuelle.

Faire perdre à l'adversaire son équilibre mental a été une stratégie de haute importance durant la carrière de duelliste de Miyamoto Musashi. Ces tactiques s’appliquent tant au duel qu’au combat de masse: «L'équilibre mental se perd en cas de danger, de difficultés ou de surprise. Dans la tactique de masse, il est important de faire perdre l’équilibre mental à vos ennemis. Par surprise, passez à l’assaut acharné de vos ennemis et avant qu'ils n'aient eu le temps de décider de quoi que ce soit, prenez l'initiative de façon qu'elle soit avantageuse pour vous. Il est important d'obtenir ainsi la victoire. Aussi dans la tactique individuelle, feignez être nonchalant au début, et tout à coup, passez brutalement à l'assaut. Poursuivez, en alternant les hauts et les bas, selon les actions de votre adversaire ; ne le laissez pas souffler, et conservez jusqu'au bout votre avantage. Ces initiatives sont importantes : c’est ainsi que la victoire peut être obtenue».

Musashi continue en affirmant qu’effrayer son adversaire, provoquer une frayeur par surprise, joue un rôle crucial au niveau du combat. «Dans la tactique de masse, effrayer des ennemis ne consiste pas uniquement à le faire visuellement, car on peut effrayer des ennemis par un bruit, ou bien en leur faisant croire que le petit nombre de combattants dont on dispose est plus important qu'il n'est en réalité, ou bien en les effrayant par une attaque surprise de côté. Tout cela peut être cause de frayeur. Sachez saisir le rythme de la frayeur de vos ennemis et parvenez à la victoire grâce à cet avantage. Aussi dans la tactique individuelle, effrayez votre adversaire à l'aide de votre corps, de votre sabre, ou bien de vos cris. Attaquez par surprise de façon que votre adversaire ne puisse imaginer votre tactique, et tirez avantage de sa frayeur, puis parvenez à la victoire».

Le livre du vent.

Dans le livre du vent, Musashi explique qu’afin de maîtriser la Voie du Niten-Ichi-Ryu kenjutsu, il est important de connaître la voie des autres écoles. Ainsi, il expose dans ce chapitre les diverses pratiques en usage dans d’autres écoles car sans connaître les voies des autres écoles, on ne peut comprendre avec certitude la nôtre.

Miyamoto Musashi constate d’abord que les écoles de sabre traditionnelles utilisent exclusivement le grand sabre: «Lorsque j'observe les tactiques des autres écoles, j'en vois qui utilisent le grand sabre et ne font appel exclusivement qu'à la force musculaire. D'autres ne se préoccupent que de la manœuvre du petit sabre. »

Musashi est un pionnier, car il a attiré l'attention sur l’importance des valeurs martiales: «Les gens des autres écoles utilisent leur sabre pour gagner leur vie. Ainsi, ils donnent de l'éclat à leur apparence, enjolivent et commercialisent leur école et ils se trouvent complètement en dehors de la vraie Voie.»

Musashi considère que les écoles de Kenjutsu qui préfèrent l’utilisation de très grands sabres (O-dachi, No-dachi), sont faibles, parce ces écoles ignorent la possibilité de parvenir à la victoire par n'importe quel moyen: «Elles s'appuient sur la longueur du sabre et cherchent à obtenir la victoire à distance. C'est pourquoi elles préfèrent les sabres longs. [...] Lorsque l'on combat au corps à corps, plus long est le sabre, plus il est difficile de porter des coups, le sabre lui-même devenant encombrant». L’école de Musashi rejette cette pensée unilatérale et étroite et tente d’obtenir la victoire en combat par l’esprit et non par le choix de l’arme.

Certaines écoles lorsqu’elles portent un coup de sabre, utilisent la force et la puissance, ce qui rend leur coup grossier. Selon Musashi, on ne peut parvenir à une victoire uniquement par la “lourdeur” du coup et par la force physique. «Si l'on s'obstine à vouloir pourfendre uniquement par la force, son adversaire, on ne parviendra jamais à le pourfendre. Lorsque l’on tranche avec un sabre, il est peu recommandable de couper avec force.»

Musashi dit également: «Certaines écoles enseignent un très grand nombre de techniques de maniement du sabre. Elles commercialisent la Voie et font croire aux débutants que leur école est supérieure parce qu'elle connait un grand nombre de techniques du sabre. Ceci est contraire à la tactique. [...] Il n'y a pas des dizaines de façons de pourfendre un homme, de frapper et de trancher. Selon qui exécute la technique, qu’il soit spécialiste ou non, femme ou enfant, tout se résume à vouloir couper l'adversaire. Il est donc il est tout naturel qu'il y ait peu de façons pour ce faire». La pratique doit rester fluide et s’adapter à chaque situation: «Cependant selon le lieu et les circonstances, par exemple dans un endroit où vous ne disposez d'aucune place au-dessus de vous ou sur le côté, il faut que vous teniez votre sabre de telle façon qu'il ne soit pas gêné.»

Plus loin, Musashi parle de la position des pieds à adopter en combat, précisant que celle-ci doit être naturelle: «Dans la tactique de notre école, les mouvements des pieds ne diffèrent pas de ceux de la marche ordinaire. Cependant, il faut avancer vers son adversaire avec fermeté, car si vous avancez trop lentement, il vous sera difficile de profiter de l’occasion de vaincre».

On sent encore une fois que Musashi veut faire réfléchir les adeptes du sabre, briser les moules et éviter à tout prix l’hermétisme et l’étroitesse d’esprit.

Le livre du vide.

Ce dernier chapitre du Gorin-No-Sho est très court ; il traite spécifiquement de ce "Qui n'est pas visible". «Naturellement le "vide" est néant. Par la connaissance des êtres, on connaît le néant : c’est ce que l’on nomme le "vide". En général l'idée que l'on a sur le "vide" est fausse. Lorsque l'on ne comprend pas quelque chose on le considère comme "vide" de sens pour soi, mais ce n'est pas un vrai "vide". Tout cela n'est qu'égarement».

Selon Musashi, les samouraïs se doivent d’apprendre avec certitude la Voie de la tactique, avoir la maîtrise des autres arts martiaux, n'avoir plus aucun point obscur sur la Voie qu'ils doivent pratiquer, n'avoir plus aucun égarement d'esprit, ne jamais se relâcher, à aucun moment, dès le matin. «Polir ces deux vertus: sagesse et volonté ; aiguiser les deux fonctions de leurs yeux: voir et regarder, et ainsi n'avoir aucune ombre. Alors, les nuages de l'égarement se dissiperont, c'est là le vrai "Vide"».

Miyamoto Musashi termine le livre en disant: «Tant que l'on ne connaît pas la Voie véritable, chacun croit avancer sur le bon chemin et se croit dans le vrai sans s'appuyer sur les lois du Bouddha ni les lois de la terre. Mais lorsque nous les regardons avec les yeux de la Voie véritable de l'esprit et selon les grandes règles du monde humain, on les voit trahir la Voie véritable à cause de leur propre égoïsme et de leur mauvaise vue. Connaissez l'Esprit! Reposez-vous sur le domaine franchement juste! Faites de l'Esprit réel la Voie! Pratiquez largement la tactique! Ne songez qu'à la justice, à la clarté et à la grandeur! Faites du vide la Voie! Et considérez la Voie comme "vide"!»